En Colombie comme dans de nombreux pays du sud, des recycleurs de rue survivent grâce à la collecte et la vente de déchets recyclables. Alors qu’ils rendent un service essentiel à la collectivité, ils vivent dans une grande précarité et marginalité. A partir des années 90, certains d’entre eux se sont progressivement organisés pour la reconnaissance de leurs droits et de leur profession en se construisant en mouvement de revendication politique et en créant des coopératives. De Bogotá à la petite ville de Valledupar dans le nord du pays, j’ai mené pendant deux mois une enquête filmée pour saisir les conditions de travail et le quotidien de ces travailleurs. A partir d’une ethnographie au sein de deux coopératives de recycleurs (l’Asosiacion de Recicladores de Bogotá et la coopérative Coorenacer à Valledupar) j’ai pu observer et analyser l’économie populaire autour du déchet, dont la finalité n’est pas uniquement monétaire, mais aussi sociale et environnementale.